Marbrume



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 Louise Ochaison, ou l'étude apologétique de la fin du monde.

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MessageSujet: Louise Ochaison, ou l'étude apologétique de la fin du monde.   Mar 25 Aoû 2015 - 15:55

   

  

   

Louise Ochaison


   
Stude, non ut plus aliquid scias, sed ut melius.
   

Identité



   Nom : Ochaison
   Prénom : Louise
   Âge : 24 ans, exactement.
   Sexe : Féminin.
   Rang : Enfant de riche bourgeois de l'Ouest, elle a toujours vécu parmi le peuple. Réfugiée, pour se payer à manger, elle est écrivain public. Grande érudite. Interprète sachant traduire et tenir palabre dans huit dialectes différents. Stratège militaire inavouée. Mathématicienne, physicienne, astrologue et un brin alchimiste, elle est passionnée par la logique philosophique. Scientifique avant tout qui mène des recherches sur les Fangeux dans l'espoir de trouver une solution pour sortir de l'enfer de Marbrume.

   

Physique




Dans le petit lit un peu miteux aux draps froissés, les deux silhouettes respirent l'une contre l'autre. Les cages thoraciques s'élèvent et s'abaissent presque au même rythme. Dans les bras de sa mère, l'enfant dort et sur son visage nulle ne pourrait déceler le moindre tourment, le moindre soucis. Il est paisible. Définitivement paisible.

Quel âge a-t-il ? Six ? Sept ans peut-être ? L'enfant n'a en tout cas pas l'âge de porter une arme et pourtant sa peau, généralement encore lisse et blanche comme la porcelaine, est épaisse et couverte de tâches de rousseurs, anomalies notables de la pigmentation de sa peau fort laide. Et en effet sa peau est vilaine comme une sorte de parchemin sec, rugueux et abîmé, aux nombreuses traces de brûlures. Néanmoins on ne peut pas affirmer que l'enfant soit affreux pour autant. Avec ses cheveux clairs, presque blonds, tirant vers le roux et ses yeux clairs, il a tout d'un ange. D'un petit chérubin qui s'est enflammé sous le soleil.

L'enfant ressemble à sa mère, cette femme qui dort à ses côtés et l'enlace dans son sommeil, comme pour le protéger, dans cette attitude rassurante et bienveillante de celles qui se sacrifieraient pour le fruit de leurs entrailles. Comme lui, ses cheveux longs éparpillés sur l'oreiller tirent vers le blond foncé ou le châtain clair, on ne sait jamais. Comme lui, ses pupilles baignent dans du bleu limpide comme le fond des rivières. Mais sa peau à elle est d'un parchemin encore impeccable, comme si l'existence avait marqué plus gravement l'enfant.

Comme les innombrables pages des très nombreux livres qu'elle a tourné tout au long de sa jeune vie, le teint de la femme est pâle comme celui des gens qui connaissent plus la pénombre des bibliothèque que l'éclat du grand jour. Et, par bien des aspects, la mère de l'enfant est fille de la nuit presque autant que celle des reliures philosophiques.

Translucide. On peut la penser translucide tellement elle paraît hâve et maladive et fragile. Même le regard ne parvint pas à se fixer sur elle : il la transperce sans s'attarder. Translucide et transparente. Le soleil en personne qui suinte à travers les volets clos ne parvint pas à l'illuminer un tant soit peu.

Là, endormie, à peine couverte son corps paraît malingre et faible. Dépassant des couvertures, ses jambes sont longues et si osseuses que le genoux ressort malgré lui. Il en va de même pour les rotules et à peu près toute son ossatures qui se montre dans tous les angles de son corps. À ses mains, des longs doigts fins aux phalanges marquées se ferment avec douceur sur le corps de son enfant. À côté de lui, un peu rond, un brin joufflu, elle paraît bien famélique. De toute évidence, son corps frêle semble prompt à rompre. Elle plierait et casserait au moindre coup de poing.

Sur un coffre qui s'accapare la majeure partie de la pièce, il y a sa longue robe de velours vert sombre. Très usée mais d'une finesse tout de même remarquable. D'une élégance simple et efficace, même si honnêtement, on jurerait qu'elle pourrait rentrer à deux dedans. Pour souligner sa taille fine et pour soutenir sa poitrine, un joli corset. Avant, il y a peut-être eu des pierres précieuses sur le devant pour souligner que la femme venait d'un milieu où on pouvait lui en offrir ; aujourd'hui, ne restent que des montures vides, les joyaux ayant mystérieusement disparus. Sur le coffre également, on trouve tout un amas de vêtements noirs de petite taille. Un pantalon qui descend jusqu'aux cheville, un petit haut à manche longue qui couvre la gorge, une paire de gants et un long foulard destiné à être porté sur la tête.

Les volets sont fermés alors qu'il fait jour dehors. La mère et l'enfant dorment le jour car le petit est un ange qui brûle au soleil. La nuit, malgré le couvre feu, ils se réveilleront, enfileront leurs vêtements et sortiront. Malgré tout, l'enfant est un enfant, pas un prisonnier. Comme les autres enfants, il ne peut pas rester reclus éternellement dans une si petite pièce. On a beau l'accuser, crier tout haut qu'il est un démon, il est aussi innocent que n'importe quel petit garçon.
   

Personnalité


Qui est la mère qui n'aime pas son enfant ? L'enfant de la lune, l'enfant de la femme est probablement ce qu'elle aime le plus au monde. Fille mère, mauvaise fille, elle n'a jamais perdu son amour maternel pour ce bébé né sans père, né sans reconnaissance de sa propre famille. Au départ, il fut une honte. La preuve qu'elle n'avait jamais pu rester pure. Et elle ne voulut jamais donner le nom du père. Pour se protéger sûrement. Pour le protéger surtout.

Un brin mutine. Têtue. La jeune femme ne parlera pas de son passé et du père de l'enfant. Cela ne regarde pas les autres. Ils n'ont pas besoin de savoir. Quand on évoque le sujet, seule sa nervosité est palpable. Sa tristesse aussi. Mais il y a une détermination dans son regard comme si cet enfant, celui de sa chair et d'un homme qui a quitté sa vie, était un acte politique et sacré.

La femme est une érudite. Elle a passé plus de temps dans les livres, à étudier théories mathématique, physiques, astrologiques... C'est une femme curieuse, animée par la quête du savoir. Mais ce n'est pas un savoir pour savoir qu'elle cherche. C'est un savoir pour réfléchir. Comme si chaque connaissance est une pierre. Et chaque pierre n'a aucune utilité si on n’échafaude pas un édifice avec. Agencer, croiser, démentir, étudier et retenir les conclusions les plus fiables et véridiques, voilà ce qui intéresse l'érudite. Grâce à la richesse de ses parents, elle a pu avoir d'excellents professeurs, certes. Pourtant, en apprenant à la connaître, on se rend compte combien la moindre question laissée sans réponse est une torture pour elle. Elle veut savoir pour mieux construire sa magnifique cathédrale cérébrale. Et sa curiosité, elle l'a transmise à son petit garçon.

Atteint d'une maladie rare qui l'empêche de s'exposer au soleil, il a très tôt appris à lire et écrire. Sérieux et attentif, il a appris à se projeter dans des livres pour fuir les prisons des pièces sombres où il est perpétuellement tenu reclus afin de ne pas abîmer sa santé. Autant qu'elle peut, elle lui explique, lui apprend lorsqu'il a envie d'apprendre mais ne veut pas forcer les choses. Elle est seulement prête à  tout pour assouvir sa curiosité mais aussi pour protéger son enfant. Un louve. On peut la prendre pour une louve. Mais une louve avec la ruse d'une renarde et la mémoire d'un éléphant.

Dans ses yeux, malgré sa fragilité presque maladive, on trouve une détermination hors normes. Rien ne la prédispose à survivre sur le papier. Et pourtant, la jeune femme s'est toujours débrouillée et s'en est toujours sorti avec brio. De nature gentille, elle doit tout de même se faire violence pour s'en tirer dans cette ville où tout le monde est prêt à duper tout le monde. Même si elle doit aller contre ses principes et ses beaux idéaux et ce en quoi elle croit le plus, elle n'hésitera pas à faire si elle peut ainsi préserver sa vie et celle de son petit garçon.

Mordre avant de se faire mordre. Ainsi vont les choses. Et la meilleure défense est l'attaque.

   

Histoire



Dans l'immense salle endormie dans ses apparats de châtelains, seuls les grands miroirs un peu noircis se répondaient. Quand la lourde porte de bois sculptées aux motifs des légendes d'autrefois s'ouvre en grinçant sur le marbre terni par les années, la femme entre et son œil qui montrait un peu de blanc balaya les lieux. Autrefois, cet endroit débordait de richesse et elle en a conservé l'élégance. Toutefois aujourd'hui tout paraît sombre. Les bougies fixées sur des chandeliers en argent ont été soufflées.

Une haute silhouette se trouve dans l'encadrement d'une fenêtre. L'homme est presque aussi grand que l’immense vitrail et il se tient là avec l'immobilité des statues antiques, silencieux comme le marbre. Seule la clameur venant des rues en contrebas bourdonne sourdement comme l'écho lointain du néant à venir. Elle portait de la peur. La panique d'une ville plongée en quelques heures dans le chaos suite aux sombres nouvelles. Les fangeux approchaient, ils seraient bientôt là. La femme se jette aussitôt vers l'homme devant le vitrail qui regardait l'horizon sans bouger d'un pouce. Elle l'avait cherché partout.

Il faut partir, mon frère. Tout de suite.
Je ne fuirais pas, Louise, répondit-il sans daigner détourner le regard de la ligne d'horizon qu'il fixait par delà les remparts.
Ne dis pas de bêtises. Ils seront bientôt ici. Ne sois pas idiot : fuir est notre seul salut.
Je suis sérieux.
Non, tu ne l'es pas, Lydéric. Tu ne peux rien faire contre le Fléau. On s'en va.

Entre la fureur et le désespoir, elle se saisit du bras de l'homme, tirant dessus de toutes ses forces. Mais toute son énergie ne le fit même pas trembler. Aussitôt les larmes lui montent aux yeux. Elle tente plus fort encore de l'arracher de sa position. Or il ne faut qu'un geste de l'homme pour la faire lâcher prise. C'était un homme à la carrure rustre. Un militaire.  Et l'érudite roule au sol comme une poupée de chiffon. Profondément choquée, elle recule sur les coudes.

Mon... Mon frère...
Va t'en petite sœur.
Pour... Pourquoi tu ne viens pas, Lydéric ?
J'attends le retour de Père et Mère.

D'un coup, la jeune femme se redresse. Elle le dévisage longuement. Dans ses yeux miroite un mélange de pitié et de chagrin. Il est l'aîné. Et il est devenu maître de la maison des Ochaison après que le Belhem, le bateau qui portait à son bord Lysandre le second du nom, l'un des plus important  négociateur de la ville, et Hélène, son épouse, se soit égaré en mer. Il n'est effectivement jamais revenu. À partir de quelques mois, on les avait ainsi présumés mort. Jamais son grand frère n'avait cessé de croire en leur retour. L'adolescente qu'elle était à l'époque avait fait son deuil esseulée dans le vide que ses parents avait laissé dans leur grande demeure, fondée grâce à l'argent gagnée grâce à la construction navale. Un bateau leur avait amené la fortune, un autre leur avait donné le chagrin et la misère. Même si les Ochaison n'avaient par la suite jamais connu la pauvreté extrême, leur décrépitude ne leur avait pas permis de se hisser à la hauteur de leur aïeux.

Ils ne reviendront pas, Lydéric.
Et s'ils revenaient !
Ça fait presque dix ans.
Je dois garder leur empire au cas où il revenaient, ma sœur. Je l'ai promis à père avant qu'il ne s'en aille.
Tu ne comprends pas qu'il n'y a plus d'empire, mon frère ? Les bateaux ne se vendent plus comme avant. Et de toute manière, les fangeux vont venir et il n'y aura plus de bateaux. On n'aura plus de maison non plus, ni de …
Alors je me battrai pour garder tout ce que nos parents ont construits.
Ne fais pas ça... Les fangeux vont te mettre en pièce. Cela ne sert à rien.
Je ne peux pas les laisser prendre tout ce qui m'appartient. Ce qui nous appartient.
Plus rien ne m'appartient si nous mourrons. Ton sacrifice est inutile.
Pas si le Belhem est de retour.

Enfin, l'homme tend la main à sa sœur et l'aide à se redresser. Elle se tient debout chancelante. La bouche ouverte, elle essaye de trouver un mot à dire. Pour le raisonner. Pour le convaincre. Pour le persuader. Ils doivent absolument s'en aller d'ici, de cette ville qui les a vu grandir car ici, il n'y a que les seigneurs, les miliciens et les fous qui restent. Tout le monde déguerpi. Les rats sont toujours les premiers à quitter le navire, dit-on.

Tendrement, son frère l'enlace dans ses bras plus prompts à étrangler qu'a rassurer. Il pose son front sur celui de sa cadette et lui souffle :

On va les retarder un peu, Louise, je te promets. Je veux que vous ayez le temps de vous enfuir. Je ne suis qu'un officier de la marine. Vous n'aurez pas besoin de moi. Toi, par contre, Louise, tu dois absolument te sauver. Tu es une savante, une femme avec de l'esprit, du génie, de la culture. Tu connais les paroles des anciens et des nouveaux hommes de savoir. Père et mère seront fiers de toi. Tu ne dois pas les laisser te tuer.

Il écarte une mèche devant le visage de sa sœur de ses doigts qui savent mieux tenir la corde d'un arc que le menton d'une femme. Il n'oubliera jamais son regard cristallin.

Emmène  ton bâtard avec toi. Prends soin de lui. Peut-être qu'avec lui, la lignée des Ochaison ne s'éteindra pas demain.
Maël. Il s'appelle Maël.
Son nom m'importe peu. Sa vie par contre est primordiale.

Lentement, elle hoche la tête. Comment peut-elle lui rappeler que la santé de son fils, l'enfant qui est né sans en avoir le droit, ne tient qu'à un fil dans un moment pareil ? Il l'a toujours traité de démon, accusé de vivre, lui, le petit Satan qui aurait mieux fait de trépasser. Pourquoi le reconnaître maintenant ? Un étrange soulagement s'empara de la jeune femme, pourtant. Elle le serre dans ses bras. En partant de la pièce, elle perdrait un frère mais elle gagnait un fils qui avait au moins une fois brillé dans ses yeux.

Elle ne peut pas partir. Son cœur se fend rien qu'à cette idée. Se séchant les larmes contre l'épaule de son aîné, elle soupire car elle doit se résigner à l'abandonner. Alors qu'elle veut tant qu'elle le suive. S'il y avait une Trinité, si un quelconque dieu existait, il ne permettrait pas cela.

Maman ! Où tu es maman ?! Maman ! Maman !

La gorge de la mère se noue. Incapable de bouger. De prendre la décision de le rejoindre. C'est la dernière fois qu'elle verra son frère, elle le sait.

Va t'en, petite sœur.

Et elle lui obéit. Sans avoir le courage de le remercier et lui dire combien son cœur saigne de le quitter. A tout jamais. Adieu, elle n'a pas osé le lui souffler.

Elle part en courant, retrouve son fils dans les couloirs qui sont plongés dans le noir. Une nouvelle fois, elle lui répète de prendre garde à la lumière. Et ensemble ils cherchent des grands sacs en cuir qu'ils remplissent de vêtements chauds, de couvertures et de quelques vivres. Ils ne pourront pas prendre de malle avec eux parce qu'il leur sera impossible de la porter là où ils iront.

Avant de quitter définitivement cette demeure qui l'a vu naître et grandir, la jeune femme s'empresse de récupérer les plus vieux et les meilleurs et les plus importants ouvrages qui peuplent la Bibliothèque. Elle ne pourra pas tous les prendre avec elle. Le Fléau emportera ceux qu'elle ne pourra mettre dans ses valises comme elle assassinera son frère. Puis elle force son enfant à enfiler ses gants et à couvrir chaque centimètres de sa peau et même son visage.

Dans les écuries, un cheval les attend. Grand et racé, le grand étalon isabelle n'a probablement jamais été autant chargé quand ils ont terminé de fixer tous leur bagages à ses flancs. Néanmoins l'animal ne bronche pas sous son fardeau. L'enfant lui caresse les naseaux du bout de ses doigts gantés. Elle mène le prestigieux équidé dehors par la bride sans regarder derrière elle et son enfant la suit comme l'animal parce qu'elle pleure et qu'il n'a jamais vu sa mère pleurer auparavant. Pour se réconforter, il caresse le poil doré comme le soleil de la monture. Tout va bien se passer. Sa mère a dit que tout irait bien. Il ne faut pas sans faire. Maman a toujours raison, après tout.

*~*¤*~*

Arrivé sur la place principale, la mère et l'enfant retrouvent le peuple qui s'attroupe. La profonde agitation perturbant la ville. Des cheminées, la fumée avait cessé de s'élever vers les cieux et le vent  rongeait les toitures. Le lieu de rassemblement s'organisait dans le désordre. Officiellement, les premiers à sortir de l'enceinte par les chemins protégés étaient les femmes et les enfants. Et les convoyages, prévus à la dernière minutes, n'avaient aucun parcours. Les miliciens et les gens habitués aux routes tentait de prévoir les itinéraires en catastrophe. Sauf que la panique générale et les questions rébarbatives des mères de famille terrifiés et des hommes et des étrangers qui se pressaient, décontenancés de peur, n'avait rien pour leur permettre d'avancer dans leur travail de replis. Alors s'amassaient sur la Grand Place cris d'enfants, pleurs de mères, ordre de gardes, gueulante d'hommes dépassés par la situations.

Avec son enfant, la femme avait décidé de s'asseoir non loin de la tente où les convoyeurs, qui mettaient au point un plan de repli, discutaient sur un ton grave qui avait tendance à vite s'emporter pour un rien. Tout le monde était à cran. Et pour tromper cette atmosphère pesante, l'érudite sortit un jeu d'osselets et initie une partie avec le petit. Au milieu de la boue, des sacs, des coffres de vivres et des chariots. Seul une grande dispute éclatante derrière eux parvint à les détourner de leur partie.

TOI TU NE ME PARLES PAS SUR CE TON, ESPÈCE DE FOUILLEUR DE MERDE !

Derrière eux, un des miliciens avait saisit un homme par le col et plaqué contre une colonne qui soutenait les petites avancés qui protégeait les cartes où on établissait les itinéraires. Plaqué, le pauvre inconnu montrait l'intérieur de ses mains vides. Sa tenue, le brun de ses pupilles et de sa peau indiquait qu'il ne devait pas venir d'ici.

أريد فقط للمساعدة
Putain ! Mais qu'est-ce qu'il dit ce sauvage ?]
Il dit qu'il peut vous aider, intervint la mère, oubliant soudainement son jeté.
Comment tu sais ça toi, femme ?
Il vient de vous dire qu'il peut vous aider.  Lâchez le.

Bien que suspicieux, celui qui tenait le pauvre étranger par le col desserre son emprise. Soulagé, le pauvre homme fixe la jeune femme qui vient d'intervenir d'un air reconnaissant.

Qu'est ce qu'il nous propose ?
كيف يمكنك أن تساعد ؟
أنا أعرف الطريق
Il dit qu'il connait un chemin.

Pendant ce temps, une vieille femme s'approche et voit l'enfant seul avec ses osselets. Il a cessé de jouer seul. De toute manière c'est bien trop compliqué pour lui. Dans toutes les couches de ses vêtements, il a de la peine à ne pas perdre les petits os dans les plis de ses grands vêtements noirs. Et derrière le grand morceau de tissus qui lui barre le visage, il a du mal à distinguer les trajectoires. Sûrement intriguée par son habillement, la vieille dame s'avance vers le gamin.

Bonjour, mon enfant.
Bonjour, madame.
Toi aussi tu veux partir ?
On dit que les fangeux arrivent.
C'est ce qu'on dit oui.

Derrière eux, la mère, les milicien et l'étranger s'étaient penchés sur la carte. La jeune femme traduisait toutes les paroles de l'étranger, elle qui parlait cette langue parmi toutes celles qu'elle avait appris.

Dis moi, petit, reprend la vieille. Quelles sont ses frusques que tu as sur le dos ?
Bah ce sont mes vêtements.
Pourquoi tout est si long et noir ? On ne voit même pas la couleur de tes yeux. Tu es bien trop couvert. On dirait que tu te caches.
Parce que.
Allons voyons. Tu devrais au moins me montrer ton beau petit visage, mon enfant.

En se penchant en avant, essayant de relever le capuchon qui protège le visage de l'enfant de la luminosité ambiante. Il se protège en criant de ne pas le toucher, de ne pas le toucher, de ne pas lui faire du mal... Et la vieille, dans son élan autoritaire, se saisit de son gant pour lui enlever.

Mamaaaan ! Je vais brûler ! Je vais brûler ! rugit l'enfant.

Et la mère quitte tout de suite et bondit sur la vieille, la projetant à terre sans ménagement pour récupérer le gant de ses mains et l'enfiler sur la main de son gamin.

Mais vous n'allez pas bien ! C'est quoi votre problème ?!
Vous... Votre enfant brûle ! Voilà un démon ! Il ne peut se promener à la lumière de la Trinité ! C'est de ça faute aujourd'hui si nous avons à fuir !
C'est un enfant que vous traitez de démon, madame. Et je crois que si vous arrivez à cette absurdité c'est que vous n'avez pas la foi en des dieux.
C'est vous l'impie, la sorcière, la diablesse !
Je serais une diablesse qui prêcherait donc de la manière la plus divine parce que, croyez moi, s'il y  avait une Trinité ou des Enfers pour gouverner tout cela, il n'y aurait aucune logique à leur œuvre. Si c'est entre les mains de la Trinité que vous placez votre vie, je ne donne pas cher de votre peau, madame. Si tant est qu'il existe une Trinité.

Et elle enlace son enfant dans les bras pour le porter et le garder tout contre elle. La caravane s'organisa. Et la ville réunie soudainement par les liens étroits de la peur se déplaça dans le même élan pour fuir.

Comme tout le monde, la femme, l'enfant et le cheval de race marchèrent l'échine courbée par le poids de la tristesse.

*~*¤*~*

Le voyage ressemblait à un convoie de morts. Des fantômes prenant la route. Ou plutôt c'est la route qui les prit. Elle les rongea, les affaiblissant jusqu'au moment où ils ne pouvaient plus tenir sur leurs jambes. Quand il devenait impossible de mettre un pied devant l'autre, on s'arrêtait pour avaler les maigres provisions avec la culpabilité de ronger les vivres impunément. Les enfançons se plaignaient.

L'enfant et la femme, eux, restaient silencieux et avançaient malgré tout. C'est comme si une simple étreinte les requinquaient plus qu'un soupçon de bouillon translucide et à peine tiède qu'on leur proposait par moment.

Le vent s'était ainsi calmé et de grand nuages gris menaçait de disperser leur eau sur la terre gelée du nord.

*~*¤*~*

Ils établirent un bivouac sur une langue de terre au bord de la route principale qui reliait l'Ouest à l'Est, de l'autre côté d'un ruisseau étanché. Le vent avait chassé la fumée des cimes et les cimes étaient courbées et à moitié nues et dressée comme des dents rongées vers les cieux. Le fleuve avait tout l'air d'un sentier de basalte qui serpentait à travers les bois. Des hommes se portèrent volontaires pour ramasser du bois pour le feu sur le versant nord où il n'était pas si mouillé, poussant devant eux des arbres entier et les traînent jusqu'à l'endroit où certains avaient déjà planté des tentes. Une homme avait emmené avec lui un violon et une adolescente sorti une flûte traversière. On les écouta avec nostalgie. Au fond d'elle, l'érudite savait qu'elle ne toucherait pas avant un moment à un clavecin et elle considérait au fur et à mesure tout ce qu'elle avait abandonner derrière elle, même si elle aurait préféré ne pas y songer. Quand le feu commença à crépiter dans l'âtre, certains se déshabillèrent un peu pour faire sécher leur vêtements trempés à des bâtons sur lesquels ils fumaient et empestaient. La femme et l'enfant firent de même et ils s'assirent enveloppés dans des couettes. La mère tenant les petits pieds de son enfant contre son ventre pour les réchauffer.

Maman ?
Oui ?
Qui apportera des fleurs à papa maintenant qu'on part ?
Ton oncle.

L'enfant hocha lentement de la tête.

Pourquoi on apportait des fleurs à papa, au juste ?
Parce qu'il existait un peu plus comme cela.
Et maintenant il n'existe plus parce qu'on ne lui amène pas de fleurs ? Pourquoi papa n'est pas parti avec nous ?
Papa est toujours avec nous. Il existe dans notre cœur.

Un instant l'enfant se tait. Tout autours de lui, depuis qu'ils sont partis de Montmurailles dans le convoyage de réfugiés, il entend des histoires similaires. On dit que les fils, les filles, les frères, les sœurs, les mères, les pères et les amis sont ''partis'', ''montés au ciel'' et dans tous les cas, ils restent ''dans nos cœur'', comme si c'était là qu'échouaient tous les absents. Bien que jeune, il est loin d'être abruti et dévisage la femme.

Maman ?
Oui Maël ?
Papa est mort, c'est vrai ça ?
Oui papa est mort.
Pourquoi papa est mort ? À cause des fangeux ?
Non. C'était bien avant les fangeux.

L'enfant est jeune. Il ne se repère pas dans le temps. C'est normal à son âge. On n'entend parler des fangeux que depuis peu. Ils sont arrivés de l'Ouest il y a quelques mois à peine. Le père, lui, n'a jamais été dans la vie de son fils. Malgré elle, elle se remémore son visage et ouvre la bouche pour ajouter parce qu'au fond d'elle, elle a envie d'apporter une explication à la chair de sa chair sur celui qu'elle a aimé. Parce que s'il sait la vérité, il évitera sûrement de penser dans le mauvais sens. Les marmots ont beaucoup d'imagination, en plus...

Papa ne pensait pas comme tout le monde. Il connaissait plein de choses. Bien plus que maman. Et il savait tellement de choses qu'il faisait peur à ceux qui ne savaient rien. Alors ces hommes là ont décidé de tuer papa.

Le silence pèse sur les deux silhouettes emmitouflées dans les couvertures de peaux, au milieu des ronflements des voyageurs assoupis. L'obscurité avale l'expression de la femme dont les yeux sont devenus infiniment tristes. Au fond de ses pupilles, on retrouverait presque le souvenir d'un homme plus âgé qu'elle à l'époque, un astrologue, mathématicien et philosophe de surcroît, un homme franc et sincère, un homme qu'elle avait trouvé juste et bon avec elle, qui lui avait appris à faire le plus important de ce qu'elle avait pu assimiler : il lui avait montrer comment se placer au dessus du savoir pour l'utiliser sciemment. Il lui avait expliquer comment user de son savoir pour se forger une opinion et en faire ce qu'elle désirait.

Le père de son enfant avait eu beaucoup de convictions. Il avait élevé sa voix pour la faire entendre parce qu'il croyait en un monde meilleur où les idées construites grâce à l'entendement valait bien plus que toutes les lois autoritaires et divines de ce temps. Quand cela s'était montré dangereux pour lui, elle avait essayé de le retenir, de l'étouffer, lui et ses idées trop belles et trop innovantes pour ce temps ; même si elle avait toujours été d'accord avec ses idées et ses idéaux. Malheureusement, il en avait déjà trop dit. Et pour ses dires, on l'avait brûlé vif comme on brûle la page d'un livre jugé immoral. Et à cet instant, si on avait pris le temps de la regarder dans les yeux, on aurait revu dans la rétine de l'érudite l'ardent brasier consumer l'homme dont elle portait à l'époque l'enfant et qui avait hurlé de douleur tant et tant que ses cris la hantait encore.

Le petit n'était alors qu'un fœtus à l’abri de l'horreur du monde. Si elle avait pu, elle ne l'aurait pas laissé venir ici après tout cela.

C'est pas bien de savoir plein de choses maman ?
Si c'est bien, assure-t-elle dans un filet de voix. Parce que quand on reste ignorant on tue des gens et ça ce n'est pas bien.
D'accord.

Il gigote un peu dans sa couverture. Comme la nuit les enveloppe dans son drap noir, l'érudite dénude enfin un peu son enfant. Elle lui enlève ses gants et le tissus qui tombe devant son visage à la peau tâchée. Ses yeux clairs plongent dans la nuit jusqu'à s'y habituer, progressivement. Avec tendresse, elle caresse sa peau du bout des doigts, et elle inspecte trop lui montrée, terrorisée à l'idée de découvrir de nouvelles tâches par rapport à hier. Il est beau son enfant. Il ressemble un peu à son père avec ses cheveux rouges et ses joues rondes.

Je peux te poser une question, maman ?
Oui. Évidemment.
C'était quoi le nom de papa ?
Papa. C'est tout.
D'accord.

Malgré le scepticisme de l'enfant, l'érudite ne répondra probablement pas à sa question. Elle le protège. Elle sait qu'on lui ferait du mal si on savait qu'il était le fils de cet homme là. Elle sait que les gens ont la dent dure envers ceux qui s'élève contre leur croyance. Déjà, son fils a tout d'un démon, incapable de s'élever dans la lumière, elle ne veut pas qu'en plus il porte le nom d'un homme que l'on a détesté parce qu'il avait oser dire ce qu'on n'avait pas le droit de penser et penser ce qu'on n'avait pas le droit de dire. Aussi logique, scientifique, et raisonnable que cela avait pu être.

Maman ?
Oui Maël ?
Est-ce qu'on va mourir ?
Un jour. Pas tout de suite.
Et on va vers Marbrume.
Oui.
Parce qu'il y a moins de soleil pour me brûler la peau.
Oui.
D'accord.
D'accord pour quoi ?
Pour rien. Juste d'accord.
Dors maintenant.
D'accord.
Je vais éteindre la lampe à huile.
D'accord.

Plus tard, dans l'obscurité, une petite voix s'élève à nouveau :

Je peux te demander autre chose ?
Oui. Évidemment.
Tu ferais quoi si je mourrais ?
Si tu mourrais je voudrais mourir aussi.
Pour pouvoir être avec moi ?
Oui. Pour être avec toi. Et être avec papa, aussi.
D'accord.

*~*¤*~*

Il fallut reprendre la route. Et franchir les montagnes. Sur le haut des cols, il faisait si froids, que les extrémités des doigts et des jambes et du visage tournaient au violet. Les lèvres tremblaient. Et même l'enfant grelottait dans les bras de sa mère. Avançant dans la neige sale, épuisée et à bout de souffle, elle trouvait encore le moyen de chanter une berceuse. Avec les berceuses, la route défile plus vite. Avec une chanson, on la peine et la faim grondent moins fort.

Et Marbrume n'était plus très loin après plusieurs longs jours de marche.

*~*¤*~*

Quand les remparts de la ville se dressent à l'horizon, tout le monde est secouée d'euphorie. Rendu tremblant d'excitation, d'un regain d'espoir, les hommes et les femmes regagnent la ville en vitesse. Un à un, ils montrent leur bras droit à l'entrée et prouvent qu'il n'ont jamais été banni d'autre part que de leur propre contrée. Boutés à l'extérieur de leur terres par une hordes de créatures des ténèbres.

Et tout ce chemin n'aura servi qu'à se rendre compte que Marbrume, la grande, la forteresse imprenable ne pouvait pas les accueillir. Trop de gens. Pas assez de vivres. Pas assez de ressources. Et rien d'autre contre les fangeux que leur immenses murs. Comme si on pouvait encore retenir longtemps les monstres des enfers derrière de la maudite pierre...

Clairement la femme et l'enfant, tout comme l'ensemble des réfugiés, n'étaient pas les bienvenus ici. Si la première nuit on leur permis de dormir au Temple, ceux qui n'avaient plus un sous n'eurent rien à manger ; et ceux qui avait de quoi s'offrir quelque chose durent payer une fortune pour un bout de pain rassis. La femme et l'enfant grignotèrent en observant les enfants, les femmes, les enfant, jeunes ou vieux qui s'entassaient sur le marbre. Au moins ils dormaient sous un toit. Au moins ils étaient à l'abri. Et en vie jusqu'à preuve du contraire.

Le lendemain, aidée par la chance, la femme se trouva un petit logement. Une mansarde presque insalubre dont la toiture fuyait. L'ironie fut qu''elle et l'enfant atterrir par mégarde non loin de la Bibliothèque. Pour subvenir à leur besoin, la mère eut à trouver un travail : elle devint scribe et accepta de griffonner et de lire des lettres pour les analphabètes de Marbrume. Mine de rien, le monde affluait. Tous ceux qui avaient quitté leur terre voulaient des nouvelles de ceux qu'ils avaient laissé derrière eux. Beaucoup d'oiseaux chargés de lettres manuscrites partaient. Peu revenaient. Cependant, animés par l'espoir les personnes ne cessaient jamais de revenir pour qu'on couche sur leur papier leurs mots et leurs tourments. D'autre part, comme cela ne suffisait pas toujours, la savante accepter de temps en temps de jouer la traductrice pour aider à quelques échanges entre les marchands comme entre les nobles. De toute manière, personne n'aurait eu l'idée, en ses temps obscurs, d'utiliser ses talents afin de traduire des manuscrits millénaires.

La population n'avait qu'un mots à la bouche. Les fangeux. Les fangeux, les fangeux, les fangeux... Qu'étaient ces choses sorties de l'ombres capables d'anéantir des hommes et des royaumes et de les forcer à s'empiler comme des rats dans des cages à lapins où certains mourraient de faim, menacés d'être jeté par dessus les remparts au moindre écart à une loi arbitraire ? L'érudite se sentait coincée à Marbrume. Loin de ses espérance, elle n'avait nulle envie d'élever son enfant dans cette ville malsaine. Elle voulait se persuader au fond d'elle qu'il y avait un moyen de guérir ce mal : il faudrait prendre le mal à la racine et exterminer les fangeux. Or on ne savait rien de ces créatures. Elle passaient entre les coups d'épée, entre les lames et hantait les cauchemars. Pour enlever le doute et les peurs des hommes, il faut rationaliser ce qui les effraie. Et étudier et tirer des conclusions sur ce qu'on ne peut pas cerner de prime abord, la jeune femme sait faire. Le tout est de trouver le temps et la force et le courage.

Mais qui sait ce qu'elle pourrait découvrir en se penchant sur les fangeux ?

Stude, non ut plus aliquid scias, sed ut melius. Telle est sa devise. Et aujourd'hui savoir mieux consiste à savoir éradiquer les choses qui lui ont volé sa vie.



   

Soi réel


   


   Certifiez-vous avoir au moins 18 ans ? Sur la vie d'ma mère.
   Comment avez-vous trouvé le forum ? J'ai tout plein de réseaux dans l'ombre... (Merci Ambre et Marwen).
   Vos premières impressions ? Pas encore tout à fait fini mais tout à fait prometteur.
   Des questions ou des suggestions ? Arf. Plus tard. Avant la fin du monde.


   

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Dernière édition par Louise Ochaison le Dim 13 Sep 2015 - 12:10, édité 17 fois
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Auray de VauvrurComteavatar


MessageSujet: Re: Louise Ochaison, ou l'étude apologétique de la fin du monde.   Mar 1 Sep 2015 - 15:23
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Louise OchaisonEruditeavatar


MessageSujet: Re: Louise Ochaison, ou l'étude apologétique de la fin du monde.   Sam 5 Sep 2015 - 17:02
Voilàààà ! Je crois que c'est bon pour moi... Bon courage. Vous aimez les tartines j'espère. Rolling Eyes
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Ambre de VentfroidFondatriceavatar


MessageSujet: Re: Louise Ochaison, ou l'étude apologétique de la fin du monde.   Sam 5 Sep 2015 - 17:22
Eh bien, c'est une sacrée fiche que voilà. Très complète, tout en restant à la fois générale et agréable, car l'histoire reprend des passages précis sans partir dans une litanie d'évènements listés. J'ai particulièrement aimé le passage avec le frère et celui avec l'inconnue qui agresse son enfant malade.

Je n'ai donc rien à redire, c'est un personnage prometteur, et la description des migrants de son village face au Fléau est bien menée.

Félicitations, te voici donc validée ma chère Louise !
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MessageSujet: Re: Louise Ochaison, ou l'étude apologétique de la fin du monde.   
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Louise Ochaison, ou l'étude apologétique de la fin du monde.
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