Marbrume



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 Histoire de la noblesse de Marbrume

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Maitre du JeuAdministrateuravatar


MessageSujet: Histoire de la noblesse de Marbrume   Mer 19 Aoû 2015 - 13:52


La noblesse de Marbrume
Histoire et habitudes


Les sangs-bleus de Marbrume correspondent à l’image que l’on peut se faire de toute noblesse ; arrogants, fiers, vaniteux, en-dehors des limites et des contraintes que subit le commun des mortels. Plutôt que d’une noblesse de ban, il s’agit d’une noblesse aristocratique, et ceux-là se fichent bien souvent des sujets qu’ils légifèrent. Plutôt que de s’attarder sur le sort de leur gens, de veiller à leur confort et à leur sécurité, ils préfèrent de loin s’assurer, au contraire, de l’insécurité et du danger que connaissent les autres nobles dans leur propre ville ; en son sein, les espions, assassins, maîtresses et autres ruffians sont tout autant de menaces que de pions à placer pour s’accaparer cette once de pouvoir qu’il leur manque encore.

Car c’est bien ce qui les occupe le plus souvent ; le gain de richesse et de pouvoir. Dans leurs résidences luxueuses ou au milieu de leurs palais de marbre, ils fomentent sans cesse des cabales, ourdissent des complots dans l’ombre, envisagent les plus fourbes stratagèmes, et bien peu leur chaut les victimes collatérales que leurs plans causeront tant qu’ils emportent avec eux nombre de leurs adversaires. Pour la populace, bien consciente des jeux de pouvoir auxquels se livrent les mondains, le rempart intérieur de Marbrume est aussi bien un édifice qui sépare les classes sociales qu’une certaine protection à l’encontre des nobles.


Mais il existe également des aristocrates qui portent un amour véritable pour la Cité comme pour ses habitants. Issus du bon lignage, tributaire de ce pouvoir qui leur échoit à tous, ils se sentent investis d’une certaine mission, que ce soit pour des raisons véridiques, de réputation, ou par simple acquis de conscience, et participent à la vie politique de la cité. Ils se penchent sur les coutumes et les traditions, font connaitre un avis non truqué sur les proclamations et commandements en vigueur, gèrent avec soin leurs propriétés et leurs gens, et c’est principalement de par cette dernière activité que l’économie de la cité s’en trouve portée vers le haut.

Il n’est pas question de royauté, à Marbrume ; la ville n’est que la plus importante de la région marécageuse du duché du Morguestanc, et ne constitue d’aucune façon la capitale du pays auquel se raccroche cette contrée. Non ; c’est une autorité ducale qui a la mainmise sur la cité, en la personne de Sigfroi de Sylvrur, reconnu pour son caractère intransigeant, sa sévérité, et le certain contentieux qui a creusé un fossé entre lui-même et son suzerain. Son blason, frappé d'un rubis et d'une rose rouge à épines, a souvent soulevé crainte et terreur lors des guerres entre seigneurs. Appliqué et ambitieux, l’homme tient un conseil restreint, s’entourant des nobles qui lui sont aussi bien acquis que redevables, et, de concorde, ils s’occupent de régir Marbrume et ses habitants.
Il est également à noter qu’il n’est pas tant question de domaine que de relations et d’influences au sein de cette cour vipérine. Bien des mondains ne possèdent pour toute propriété que quelques lopins de terre situés dans Marbrume même. L’un d’entre eux sera indéniablement situé par-delà le rempart intérieur délimitant le quartier des sangs-bleus, et ce même lopin de terre sera recouvert d’un somptueux manoir ou d’un ancien petit palais. Pour le reste, il s’agit bien souvent de parcelles de terrain, toujours sises dans la ville, sur lesquelles des entreprises tenues par d’habiles entrepreneurs ou par de gros bourgeois prolifèrent et font florès, et une partie des bénéfices générés est reversée aux propriétaires terriens.

Cela dit, il existe quelques mondains, encore, qui disposent de résidences de villégiature à l’extérieur des murs de Marbrume. Adeptes du danger ou de véneries, ils ont construit ou fait l’acquisition de ces domaines au sein même des marécages, bâtissant des pavillons de chasse dont l’architecture peut rivaliser avec celle que l’on rencontre habituellement dans le Haut Quartier de Marbrume.

Toutefois, les choses ont bien changé depuis l'apparition des Fangeux. Durant ces premiers jours et cette première semaine où l'on conta la disparition de bien des villageois à l'orée des bois, et de l’évanouissement de quelques-uns des meilleurs guides de la région, la noblesse n'y prêta pas garde. L'on commença à parler du Fléau qui n'allait pas tarder à sévir dans la région, mais, là encore, les nobles n'y virent que des ragots de bonnes femmes et des rumeurs propres à effrayer les mauvais garnements. Tout appel à l'aide, ou presque, fut occulté, et le décompte de disparus ou de retrouvés morts ne cessa d'augmenter.

Il fallut attendre encore un certain temps avant qu'ils ne se rendissent compte de l'effroyable réalité, tout isolés qu'ils demeuraient dans le haut Quartier de l'Esplanade. Rien ne les atteignaient jusqu'alors, mais la foule grondante et terrorisée, en sus de l'amas de population de réfugiés, les força à sortir de leur douce torpeur et de leurs incessants banquets. Mieux encore, certains nobles, jusqu'alors en villégiature, en-dehors de Marbrume, appartenaient à ces réfugiés. A l'instar de ces derniers, eux aussi avaient rencontré ces créatures humanoïdes dont tout le monde commençait à parler. Eux aussi avaient assisté à des scènes étranges et irréelles, à des massacres survenus inopinément, et n'avaient pas eu d'autre choix que de fuir à leur tour. Ils parlèrent au conseil, en leur nom comme en ceux des fuyards, et, enfin, la réalité les percuta, tous, de plein fouet.

Mais il était déjà trop tard, si tant était qu'il y avait eu, un jour, un moment, un bon temps pour agir. La horde prolifique était déjà aux abords de la cité, errant au hasard sous les bois, dans l'ombre des clairières, sous les murs, et commençait déjà à s'infiltrer dans les égouts, à contourner les murailles. La noblesse, d'ordinaire si morne dans ses plaisirs hédonistes, ne sut où donner de la tête, et perdit peu à peu le contrôle de la situation.
Mouvement de foule, panique, mécontentement, étalages pillés, boucs-émisaires exécutés, prêtres et croyants condamnés, soldats et armée à gérer, défense à organiser, et rationnement à instaurer. En vérité, pas grand-chose ne fut fait, alors que la plèbe ne cessait de s'enflammer, et que les réfugiés s'avéraient toujours plus nombreux aux portes de la ville.

Pire encore, certains commencèrent même à trouver dans ce Fléau qui les frappait tous un exutoire à leur souci. Ce fut notamment le cas de Sigfroi de Sylvrur, duc actuel du Morguestanc, et régent de Marbrume, lequel entretenait des relations plus que houleuses avec une certaine grande famille rivale, les de Sarosse. Dans le crépuscule, alors que les membres les plus éminents de cette famille, les soldats les escortant,ainsi que quelques amis d'autres familles de nobles, réclamaient le droit d'asile, heurtant avec grand fracas les portes de Marbrume juste après avoir fui leur domaine, Sigfroi leur refusa le droit d'accès. La raison en fut fort simple ; Cyras de Sarosse, patriarche de la maisonnée, devait s'excuser publiquement de son dernier discours  satirique à l’encontre du dirigeant de la cité alors que les Fangeux les encerclaient.


Il y eut très peu de pour-parler, bien que l’on tentât, dans un camp comme dans l’autre, de raisonner son prochain. Rapidement, le ton des de Sarosse fut bien plus précipité, bien plus rapide, et les expressions, autrefois hautaines, ne voulant aucunement s’abaisser devant quiconque et rendre gorge, s’altérèrent en airs crispés et en regards de plus en plus incertains, voire implorants. Et les fangeux continuaient d’agresser de toute part, alors sortis des bois et de leurs marécages, sautant sur les soldats, s’empalant sur les épées, mais leur nombre prévalaient hautement sur l’escorte réduite des demi-condamnés. Vint ce moment, enfin, pathétique, navrant, écœurant à regarder, ou le patriarche se mit à sangloter devant la soldatestque et une partie de la population qui le regardaient d’en haut. Il implora le pardon comme les gorges s’arrachaient sous l’assaut des créatures, se confondit en excuses déchirantes comme son neveu se faisait harper en-dehors du cercle de protection, rampa dans la boue, dans la fange, maculant ses précieux atours, cependant qu’une petite partie de sa famille, demeurée à Marbrume, le regardait dans l’impuissance la plus complète par-delà les créneaux de pierre.
Il s’était excusé. Sous le regard de Sigfroi de Sylvrur, les portes de la ville demeurèrent closes, à jamais. Balayé d’un simple revers de la main, son principal rival ne put qu’assister, impuissant, au cordon de gardes qui s’étiolait à mesure que les fangeux progressaient, aux membres les plus proches de sa famille qui tombaient les uns après les autres, et à sa propre fin, dévoré vivant comme ses cordes vocales se vrillaient sous la douleur.

Cette date marqua fortement les esprits, qu’ils fussent nobles ou non, et les tensions ne s’en trouvèrent pas apaisées.
Actuellement, les quelques membres de la famille des de Sarosse et leurs alliés rongent leur frein dans une attente maladive et rancunière au possible, attendant le moindre faux pas du duc du Morguestanc pour précipiter sa chute et prendre sa place. Ils ne sont pas seuls ; cette famille condamnée possédait son lot d’alliances et de partisans désireux de s’élever contre Sigfroi, et la peine administrée par ses soins, totalement en-dehors des condamnations habituelles en sus d’avoir été décidée sur un coup de tête et non pas sagement réfléchi en présence d’un conseil, n’a fait que raviver la flamme de l’adversité dans le cœur de bon nombre de mondains. Une opposition prend en compte au moins deux camps, et les adeptes de Sigfroi sont tout aussi nombreux.

D’une toute autre façon, il n’existe pas véritablement de camps bien distincts ; la politique a pour elle le jeu des alliances compliquées, fausses et entremêlées, et celles-ci se font et se défont au gré des envies des nobles et de leurs complots. Il n’y a pas non plus de « bon » et de « mauvais » parti ; tout est une question d’idéologie, et les mondains sans vergogne comme ceux emplis de probants préceptes sont libres de s’allier ou de suivre qui ils souhaitent.

A travers ce dernier crime, le Duc de Marbrume a vu son pouvoir croître, et il est parvenu à instaurer une certaine peur, une certaine appréhension des jours futurs. La plupart des gens, si ce ne sont ses détracteurs, reconnaissent plus que jamais son autorité, vivant dans la crainte des couvre-feux qu’il peut parfois organiser pour des questions de sécurité, et la crainte de se retrouver banni de la société pour connaître le même sort que les de Sarosse hante toutes les pensées.

Avec les derniers évènements, certains nobles ont définitivement quitté la réalité. S’ils ont mis du temps avant de se rendre compte de la réalité des faits et de la menace, ils sont désormais devenus les plus pragmatiques quant à l’avenir de Marbrume. Ils savent que l’humanité n’a aucune chance de survie face à un tel fléau, ont bien compris que, pour chaque Fangeux tué, dix renaîtront de ses cendres, et ces nouveau-nés seront susceptibles de revêtir les traits d’une connaissance, le visage d’un de ses propres enfants. Par lâcheté, par crainte, par lassitude, ou même par habitude, ils jettent aux quatre vents les dernières réserves de nourriture, de drogues et d’alcool, organisant des banquets et des ripailles tels que la noblesse n’en a pas connu depuis fort longtemps.

Mais il demeure toujours quelques nobles et moins nobles âmes prêtent à riposter, que trop désireuses de prendre leur revanche sur les Fangeux, quand bien même, dans les esprits, cela n’est que folie. Véritable inquiétude à l’égard de leurs gens, simple désir de gloire ou de pouvoir, geste politique calculé, ou indubitables fanatiques, ces sangs-bleus, aussi différents les uns que les autres, se rejoignent tous dans une même volonté ; bouter les Fangeux hors de Marbrume.


Noblesse déchue et despotisme ducal


De nos jours, automne 1165 – (Après les events de nos joueurs)

Si la situation noble initiale était donc assez pathétique, beaucoup de nobles de robe et de cour s’abandonnant dans la luxure et l’oubli face à la Fange qu’ils ne pensaient pas parvenir à vaincre, donnant crédit aux critiques du peuple, il y en eut cependant un pour redorer le blason. Sigfroi de Sylvrur, le temps de maintenir à flots sa cité qui s’écroulait, faisait face à un lot croissant de réfugiés, de vent de panique, de vols et de meurtres au sein de Marbrume. S'il ne put initialement faire de l’ombre à ces ingrats qui dilapidaient des ressources devenues rares et précieuses, Marbrume survécut plus longtemps qu'on ne le présumait. Grâce à des actions coup de poing, des lois parfois dures et sévères, presque qualifiées de despotiques, Sigfroi de Sylvrur a su permettre la survie - temporaire ? - de ce dernier bastion de l’Humanité. Marbrume survit donc toujours, après un an de Fange et de monstres dévoreurs.
Une fois le gros vent de panique contenu, le Duc tourna donc de nouveau le regard sur son Esplanade. Encore une fois, la sévérité et la froidure de cet homme fut visible : il jeta des familles entières du quartier noble. Tous ceux qui contrevenaient à l’effort de guerre, se prélassaient dans la luxure en dilapidant les denrées durement collectées par les rares courageux de sa cité, qui refusaient de mettre leur fortune à son service et à celle de la survie de tous, qui refusaient de défendre la milice de la cité, ou qui opposaient une quelconque forme d’oisiveté face à leur fin du monde, étaient jetés. Interdits de séjour à l’Esplanade et à la cour ducale, leurs privilèges retirés, leurs alliances parfois annulées, contraignant les familles déchues à survivre dans la basse-ville et à vivoter de leurs commerces, s’ils en avaient.

Ainsi, la toute-puissance de Sigroi de Sylvrur semble à jamais plus présente. Détenteur des dernières terres encore existantes, les nobles qui vivent toujours à ses côtés dans le quartier noble sont ses alliés, au moins sur le plan officiel : ils sont obligés de participer financièrement et publiquement à la vie de Marbrume. Les hommes nobles sont « invités » à user de leurs compétences martiales et mener les bataillons de la milice aux côtés des sergents lors des actions coups de poing en-dehors des remparts. Tous ceux qui vivent encore actuellement à l’Esplanade sont donc des familles qui participent à l’effort de guerre. Si ces actions ont su largement redorer le blason de la noblesse, puisque ceux vivant au sommet ne sont désormais que des nobles risquant leur vie au même titre que le peuple, il n’empêche que la façon de fonctionner de Sigfroi, souvent en despote, ne plait pas à certains nobles. Savoir leur survie et leur position dépendre du bon vouloir d’un seul homme, savoir que si l’on refuse de mettre une partie de ses revenus commerciaux au Duc sans pouvoir vérifier que la somme est bien utilisée pour la survie de Marbrume… beaucoup tentent de gagner une certaine indépendance vis-à-vis de ce Duc, pour l’instant sans succès. Aussi, si la reconquête du Labret et des actions des familles intègres sous l’égide du Duc a rendu ces dernières estimables – contrairement à celles qui ont été éconduites dans la basse-ville, faisant lot de beaucoup de quolibets voire agressions –, si le peuple possède un regard actuellement plutôt positif sur leurs supérieurs, il ne veut point dire que l’Esplanade est de tout repos… Et Sigfroi a beau être un excellent dirigeant, sachant faire preuve de fermeté lors de périodes de crises, ses agissements ne font pas l’unanimité parmi les nobles souvent contraints d’aider. Les réussites de la cité grâce à ses actions de survie n’ont pas convaincu tous les sangs-bleus… et certains fomentent encore pour faire tomber sa tête.


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