Marbrume



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 Léanor Vertecime

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Léanor VertecimeBannieavatar


MessageSujet: Léanor Vertecime   Sam 18 Mar 2017 - 17:36




Léanor Vertecime




Identité



Nom : Vertecime
Prénom : Léanor
Âge : 32 ans
Sexe : Féminin
Rang : Guérisseuse bannie
Carrière envisagée & tableau de départ avec les 4 PCs : Carrière du thaumaturge
+2 HAB, +2 INT
Compétences et objets choisis :
Connaissance végétale (des simples)
Fabrication de potions
Pathologie
Traumatologie

Arme : serpette (dague)
Armure : tenue de lin


Physique


Léanor est encore une belle femme, même si les épreuves et l'âge marquent son visage, creusant ses joues et ses flancs. Mais sa peau brunie par le soleil, rendue rugueuse par le vent, ne montre que peu de rides encore, rien qui puisse altérer ses traits volontaires, le menton ferme, le front haut, le nez droit, le regard droit et ferme de ses yeux d'un vert lumineux, pailleté de brun pâle. Des yeux de chatte, disait son époux, d'abord avec désir, puis avec mépris. Une cicatrice sous son œil droit trace comme une larme indélébile, l'argile rouge l'ayant teinte comme un tatouage. Tenter de l'effacer serait pire, aussi s'est-elle résignée à cette marque. Elle l’intègre à son personnage, en maquillant d'ocre ses paupières et ses lèvres encore pleines.
Mais plus que la marque, plus que son maquillage, ce que l'on remarque chez la femme est sa chevelure de bronze. Longue, lourde, elle est tressée en une multitude de nattes qui s'entremêlent comme un nid de serpents, s'entrecroisent et s'amassent, en une masse épaisse qui repose sur ses reins. Elle les dénoue rarement, seulement ce qu'il faut pour les garder propres et démêlés, et alors ils tombent en un lourd rideau jusqu'à ses genoux, leur châtain se parant de reflets plus cuivrés. Mais bien rares sont ceux à la voir ainsi, car bien vite les tresses sont renouées. De la chatte, elle possède aussi la silhouette, fine et ferme, que l'âge n'a pas encore amollie ni empâtée, probablement parce qu'elle est trop maigre pour cela.
La vêture de l'herboriste paraît bien banale, en accompagnement des apprêts de son visage. Car bien souvent, elle parcourt village et bosquets portant une robe simple, et des bottes solides mais éculées. Ses griffes ne sont qu'une serpette, courte et affûtée, qu'elle porte à la ceinture, au milieu de diverses bourses et aumônières contenant des simples, des aiguilles solides et de la charpie. Elle semble ne guère prêter d'attention à la marque qui orne son avant-bras droit, ne cherchant pas à la dissimuler, pas plus qu'elle ne l'exhibe, lorsqu'elle est au village. En revanche, elle porte des manches longues dès qu'elle risque de croiser un étranger, par simple prudence.

Personnalité



La guérisseuse est secrète, renfermée sur sa colère, sur sa rancune et son envie de vengeance, comme une huître sur sa perle. Car sa rage n'est pas visible, elle ne se manifeste pas. Elle n'est pas un brasier, mais une glace glissante, un volcan qui couve, sous une apparence sereine. Elle porte une haine glaciale à la ville de Marbrume, à son époux déloyal et à la marque qui en résulte. Cette haine, elle ne la dit pas, mais on peut la lire dans ses yeux, dans son visage figé, lorsqu'on en évoque l'objet devant elle.
Elle était une jeune femme fidèle, accommodante, généreuse, elle est devenue une bannie dure, menteuse, vénale, sans scrupules. A quoi bon la morale, à quoi bon la gentillesse, lorsque cela ne vous récompense que par un mauvais mariage, un jugement et une brûlure sur le bras ? Elle garde son sang-froid dans les situations d'urgence, et n'hésite pas à utiliser toutes les ressources à sa disposition pour survivre.
Cependant, elle est bien moins cynique et insensible qu'elle le voudrait, qu'elle le laisse croire. Elle ne peut se fermer à la douleur des autres. Être guérisseuse implique de soulager, et elle ne peut s'en défendre. Elle accorde beaucoup plus d'importance aux vivants qu'aux dieux, aux choses concrètes qu'aux principes. Il est peut-être mal de vendre son corps, mais il est bien plus important d'avoir du pain sur la table. Les dieux désapprouvent le mensonge, mais la fin justifie les moyens.
C'est ainsi qu'elle peut être à la fois accoucheuse et avorteuse, guérisseuse et empoisonneuse. Elle laisse à d'autres les jugements, le sien ayant déjà été prononcé. Elle ne s'intéresse plus qu'à sa survie. Mais plus aucune prière n'a franchi ses lèvres, depuis son bannissement. Les dieux se sont détournés d'elle, et des humains, aussi estime-t-elle ne plus rien leur devoir.

Histoire



21 mars 1133
La pièce était sombre, malgré le feu qui ronflait dans la cheminée, seule source de lumière. Sombre et chaude. Mais sur ce cocon douillet planait une tension sourde, dans les halètements et gémissements qui venait de la femme accroupie. La veuve Vertecime était en train de donner naissance à son premier enfant, seule dans sa chaumine, dans le village de Balazuc. En pleine nuit, nulle voisine inquiète n'entendait ses faibles appels, et la mort de son mari, suite à une stupide chute, la laissait sans secours en cette épreuve. Mais elle était forte, elle était guérisseuse, servante de la Trinité, et elle saurait, avec l'aide de Serus, donner la vie à son enfant. Lorsque les premières douleurs l'avaient prise, elle avait mis de l'eau à bouillir, avait sorti des linges propres, un couteau affûté, du vin tiédi, du sel, du miel. Elle avait placé sous elle un ciseau de fer, pour couper la douleur. Tous les nœuds de la maison étaient déliés depuis quelques jours, afin que le cordon ne s'emmêle pas, et la future mère avait bu de la poudre d'utérus de hase mêlée à son vin, pour faciliter l'accouchement.
Mais elle avait peur, bien sûr, et mal. Assister d'autres femmes lors d'un accouchement ne préparait guère à devenir soi-même mère, seule, sans voisine ni amie pour la soutenir et l'assister. Alors elle serrait la table entre ses mains froidies par la peur, elle haletait, et poussait lors des contractions. L'enfant était petite, la naissance fut rapide. Dès le bébé sorti de sa matrice, elle la baigna dans le vin tiède, la frotta de miel et de sel, afin de la nettoyer, de la purifier, et de lui assurer bonne croissance. Une fois le placenta expulsé, il fut jeté au feu.
Enfin la mère put se reposer, sa fille allongée contre elle.

Juin 1141
Une petite fille, menue et grave, écoutait attentivement sa mère, avant de répéter à sa suite les noms des plantes qu'elle lui montrait, énumérant leurs propriétés.
« Du thym et du miel pour chasser les infections, du lin contre les plaies, du saule pour la douleur. »
Sa mère souriait, la félicitait. Cela faisait quelques années maintenant qu'elle enseignait son art à sa fille, et la petite Léanor se montrait une élève intéressée et douée. Déjà, elle savait bander les plaies, soigner quelques affections courantes, et aidait à l'agnelage. Elle n'avait pas peur du sang, ni de la douleur, et savait garder l'esprit clair quand les choses tournaient mal. Dans la grange, elle entendait son nouvel époux parler avec leur jeune fils, lui enseignant la traite des brebis. La mère était sereine, son fils hériterait de la ferme, et sa fille connaîtrait un bon métier, qui lui offrirait une place au temple. La leçon reprit.

30 septembre 1145
Léanor trépignait, excitée et tachant de le dissimuler. Vêtue de sa plus jolie robe, elle attendait qu'un prêtre leur ouvre. Elle se trouvait devant le temple de a Trinité, au cœur de la ville de Marbrume. Accompagnée de ses parents, elle était arrivée la veille dans la ville, et tout lui paraissait immense, nouveau et effrayant. Âgée de douze ans, elle venait faire son noviciat au temple, et devenir prêtresse, comme sa mère avant elle. Enfin la porte s'ouvrit, et elle entra dans l'inconnu, l'espoir. Elle ne rêvait rien d'autre que devenir prêtresse. Les années seraient longues, et l'apprentissage riche, avant qu'elle ne soit reconnue comme servante de Serus, guérisseuse officiant dans le temple, mais elle y parviendrait, et sa mère goûterait la joie de voir sa fille devenir prêtresse avant de mourir.

25 juin 1158
Léanor Vertecime devenait Léanor Chanvrelin, épouse de Gustave Chanvrelin, riche drapier de la ville, de dix ans son aîné. L'union avait été décidée par son beau-père, et l'idée ne lui serait pas venue de s'y opposer. Elle espérait un mariage heureux et fertile, avec cet époux que lui offraient les dieux. Vivant essentiellement pour ses soins et la Trinité, elle ne connaissait guère la vie amoureuse, bien qu'elle n'ignora rien de la physionomie humaine et des secrets de la vie. A ses côtés, son frère lui souriait, encourageant. Lui était déjà marié, et sa femme portait leur premier enfant.
D'un pas confiant, elle s'avança vers l'autel, vers son futur époux, et sa nouvelle vie de femme.

Janvier 1162
Sans bruit, dans le secret de son atelier, Léanor pleurait. Elle pleurait ses illusions, son innocence, elle pleurait sa vie devenue amère. Son époux ne la battait pas trop, mais il ne cachait pas le mépris qu'il avait d'elle. Il aimait son rang de prêtresse, son statut de guérisseuse, sa beauté et sa jeunesse, mais il méprisait ses origines plus modestes, et surtout sa stérilité. Elle se pliait sans révolte au devoir conjugal, mais sa matrice demeurait sèche et son ventre infécond. Pourtant elle priait Serus, chaque jour, de lui accorder la fertilité qu'elle demandait, elle lui consacrait des offrandes, mais sans succès. Et Gustave lui faisait porter le poids de cet échec à devenir parents. Il ne se questionnait nullement sur le fait que les maîtresses qu'il entretenait sans guère se dissimuler ne portaient pas davantage d'enfants que son épouse légitime.
Léanor perdait peu à peu de son allant, de sa douceur, et se renfermait sur elle-même.

Un coup retentit à sa porte, et elle sécha ses larmes. Une femme se trouvait derrière, son ventre pointant légèrement sous sa robe modeste et tâchée. Elle avait le regard fuyant, et se faufila subrepticement dans la pièce, comme si elle craignait d'être vue. Elle expliqua la nature de son problème à la jeune femme. Cet enfant. Elle était putain, et son ventre repoussait les clients. Elle avait déjà quatre enfants, et peinait à les nourrir. Garder celui-ci les condamnerait à mourir de faim avant même la naissance. Il fallait l'aider.
Le désespoir, la jalousie peut-être, devant cette femme possédant en excès ce qu'elle ne pouvait avoir ? Elle accepta. Elle savait comment faire. Ce fut douloureux, sale et honteux, mais lorsque la catin repartit, plus aucune vie ne croissait en elle. Elle avait laissé une petite bourse à la prêtresse, en remerciement...

2 septembre 1164
Le ciel était sombre, orageux, comme si la colère des dieux se manifestait, à l'instar de celle des hommes. Le jugement avait été rendu, et tous lui crachait leur haine. Putain, sorcière, avorteuse, tueuse d'enfants. Elle aidait les filles-mères, les catins, celles qui avaient trop d'enfants ou pas d'époux à se débarrasser des enfants non désirés, et à ne pas concevoir, et de plus en plus depuis le début de la Fange. Mais elle avait été dénoncée par une jeune bourgeoise qu'elle avait pourtant aidé. Dénoncée au temple, et à la justice.
Elle avait été déchue de son rang de prêtresse, maudite par les prêtres, répudiée par son époux. Elle était redevenue Léanor Vertecime, traînant dans la boue le nom de son père.
Elle marchait désormais vers son châtiment. La brûlure du fer rouge, la douleur incendiaire qui l'embrasait jusqu'à l'épaule, jusqu'à ce que sa conscience s'effondre.

Elle se réveilla hors des remparts, abandonnée sur le bord de la route. Devant elle, les portes étaient closes, et la nuit tombait. Elle ne survit à cette nuit de terreur et de fièvre que par chance, un saule lui ayant offert un refuge hors de portée des griffes avides de Fangeux en maraude. Les ténèbres furent longues, fiévreuses et terrifiantes. Elle ne possédait plus que les vêtements qu'elle portait, elle souffrait le martyr, elle avait fait et soif. Mais elle parvint à détacher quelques lambeaux d'écorce, qu'elle mâchonna. La fièvre baissa un peu, la douleur se fit moins absolue, et lorsque le soleil chassa les Fangeux, elle put descendre de son perchoir. Elle savait le village de Balazuc perdu, et n'y dirigea pas ses pas. Même si son frère avait survécu, l'aurait-il accueillie ? Il ne lui restait plus rien.

Automne 1165
En mendiant, en se prostituant, en mentant, elle était parvenue à survivre. Dissimulée parfois par un paysan, dont elle réchauffait la couche et soignait les maux, elle repartait ensuite, suivant parfois un groupe de mercenaires. La Fange ne parvint à la tuer, mais cela tenait de la chance, du bon sens et de l'absence de scrupules. Elle laissait à d'autres le soin de se battre. Et puis ce furent des bannis, d'autres pauvres âmes chassées de la ville. Ce fut le village.
Elle s'y installa, trouvant une maison inoccupée où vivre. Lors des incursions de Fangeux, elle se dissimulait dans les combes, dont elle remontait l'échelle. Elle vivait de son jardin, où poussaient légumes et simples, des soins qu'elle monnayait auprès des autres bannis. De son corps, lorsqu'il le fallait...

Soi réel




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Sydonnie d'AlgrangeMilicienneavatar


MessageSujet: Re: Léanor Vertecime   Sam 18 Mar 2017 - 17:40
Encore Rebienvenue parmi nous sous cette nouvelle tête ♥
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Héloïse CoutrierCouturièreavatar


MessageSujet: Re: Léanor Vertecime   Sam 18 Mar 2017 - 18:20
Re-Bienvenue sur le forum !

J'aime beaucoup ton avatar, ses cheveux tout particulièrement ! : )
Et ta fiche est très agréable à lire !

Bonne validation et bon jeu ! : )
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Léanor VertecimeBannieavatar


MessageSujet: Re: Léanor Vertecime   Sam 18 Mar 2017 - 18:23
Merci à vous deux !
Héloïse : c'est pour les cheveux que j'ai craqué
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Zephyr d'AuvrayBanneretavatar


MessageSujet: Re: Léanor Vertecime   Sam 18 Mar 2017 - 18:38
Re-bienvenue sur le forum et bon courage pour la validation Very Happy Voilà un personnage fort intéressant et un bel ava, assurément. Wink
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Denea AlberickHerboristeavatar


MessageSujet: Re: Léanor Vertecime   Sam 18 Mar 2017 - 19:51
Hey Léanor,

Rebienvenue

Une très jolie fiche, j'ai eu mal au cœur pour la pauvre Léanor. Je n'ai rien à en redire.
Je te valide donc et vais m'occuper d'ouvrir ta carrière.

Aller file rp ;p
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