Marbrume



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 Léto Feral

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Léto FeralAssassin


MessageSujet: Léto Feral   Mer 14 Déc 2016 - 22:24




Léto Feral




Identité



Nom : Feral.
Prénom : Léto
Âge : 25 ans
Sexe : Mâle
Rang : Vagabond, Rejeton de Sitry (Assassin)

Carrière envisagée & tableau de départ avec les 4 PCs : Assassin
( + 2 HAB / + 1 INI / + 1 ATT )
Compétences et objets choisis :
Compétences :
♣️ Acrobatie de Combat
♣️ Chance
♣️ Esquive
♣️ Mort silencieuse

Objets :
♣️ Chausse-trappes
♣️ Poignard main gauche
♣️ Poignard main droite
(Aspect : ici.)
♣️ Une armure de cuir noyée sous ses linges en lambeaux et ses bandages (gants de cuir usé, veste de cuir usé, jambières de cuir usé), le tout pourvu d'une capuche et d'un foulard le couvrant jusqu'au nez.

♣️ Autres :
Léto a installé son antre dans un grenier abandonné tout proche du Marché Noir. Le bâtiment qu'il occupe appartenait à un vieux brocanteur que la maladie a emporté, rempli d'un fourbi poussiéreux, couvert de draps ou de toiles d'araignées, principalement composé de diverses camelotes. La pièce qu'il y a aménagée est tout en désordre. Uniquement chauffée par un poêle à bois et éclairée de quelques bougies, aussi encombrée de cage à oiseaux ; ces volatiles servant principalement à échanger des messages avec les autres assassins.


Physique



Un éclat rayonnait sur les toits, là où un objet brillant y reflétait l'astre solaire aveuglant les passants. Mais difficile de déterminer qui se tenait là-haut, cette silhouette s'allongeant quotidiennement sur les maisons des bas quartiers, les bras croisés derrière la nuque, trop occupé à somnoler pour se sentir observé. On pouvait pourtant se douter qu'il avait un rapport avec les Mains Noires qui maraudaient de temps à autres dans les rues de Marbrume. Comme tout loqueteux de Sitry, ainsi vautré sur les toitures, Léto Feral ressemblait à un drapé d'ombres faites de linges, autrefois vêtements sombres, cape et capuche aujourd'hui partant en de multiples lambeaux.

Pas de doute, c'était un vagabond. Les contrats n'étaient plus aussi commun, et puis, la noblesse avait d'autres préoccupations depuis ces derniers mois. Alors on faisait vache maigre, l'or venait à manquer, si bien que la seule richesse qu'il se permettait d’exhiber était cet écu clinquant dont il ne parvenait à se séparer. Le faisant onduler sur le revers de ses doigts, puis vrillant la pièce avec adresse sur un index, avant de la lancer aux cieux d'une pichenette du pouce, pour la rattraper enfin dans son poing...
C'était son objet fétiche ; sa première prime. Il en palpait le métal entre ses doigts, la faisant pivoter à son regard, comme pour s'attarder un instant sur cette image qui s'y reflétait. Celle-ci avait beau en déformer le visage, lui présentant ses angles soudain si amorphes qu'il esquissa un sourire, qu'il pouvait néanmoins en discerner ses propres traits. Il était jeune, observant le monde depuis des yeux colorés d'un ambre clair contrastant avec la profondeur de ses sourcils ; d'un teint rendu halé par de radieuses journées passées au soleil ; ainsi qu'une fine cicatrice tracée sous son œil gauche. D'une hygiène laissant à désirer, par contre, une barbe de quelques jours poussait sous un grand nez, tandis que les longues mèches de sa chevelure noire semblaient humides, voire huileuses, à laquelle se mêlaient quelques plumes de corneilles, qu'ils trouvaient proches des charniers, ou de chouettes, qu'il trouvait parfois dans les clochers.

Enfin, Léto se leva d'un geste souple, se démontrant plutôt grand et de stature athlétique, se tenant droit et particulièrement à l'aise sur ces hauteurs. Un dernier signe de la main parodiant un salut militaire pour tous ces petits curieux qui le miraient depuis leur fenêtre, puis il s'élançait sur une poutre, sautant sur une autre, voltigeant sur la troisième avant de dévaler une montagne de caisses et de tonneaux, comme s'il s'agissait des marches d'escaliers. Pour enfin culbuter dans la ruelle ; là où il déambula comme si de rien n'était, se mêlant à la foule tandis qu'il reposait doucement sur son front la visière de sa capuche. Direction le ruisseau désormais ; sa figure encrassée avait grand besoin d'un rafraichissement.

♣️ Signes particuliers :
A part une cicatrice sous l’œil gauche, les bras de Léto sont parcourus de tatouages. Des épines et chaines dans un style tribal, dont l'encre noire serpente sur la musculature de ses biceps, puis semble se tordre et longer ses avant-bras. On peut distinguer parmi ces motifs les inscriptions « Ab Initio - Ab Ovo - Ab Origine Fidelis » que seul un érudit pourrait en saisir l'allusion, bien qu'elle ne soit pas si frappante.


Personnalité



De rares poissards le savaient peut-être à Marbrume ; les assassins de Sitry n'étaient pas tous foncièrement mauvais, parfois juste détraqués comme pouvaient l'être la mécanique torturée d'un pantin mal fichu. On appelait cela des chtarbés, dont l'esprit était marqué par les coups de la vie. Et quelle vie... Dans le cas de Léto, ce qui l'enjouait c'était les paris, les tours de passe-passe, ainsi que les enjeux, et plus globalement les jeux ; de hasard principalement. Avec pour manie -ou toc- d'occuper ses mains en jonglant, soit en faisant circuler un écu d'argent coulant en cascade sur ses phalanges, soit en manipulant agilement une courte lame entre ses doigts. Source d'adrénaline et de sueurs froides pour les briscards des bas-fonds qui se laissaient tenter au jeu du couteau, leur main posée sur une table, la lame passant rapidement entre chacun de leurs doigts ; Léto avait ce talent.

Sociable, peut-être. Toutefois c'était un homme étrange, dans le genre secret sur tout sujet qui le concernait personnellement, préférant en général éluder, contourner, détourner, questionner, ou porter à la dérision. Mais si l'on découvrait un jour depuis quel bouillon sordide avait émergé le sieur Feral, alors on dirait probablement que c'était un spécimen stupéfiant. Il pouvait étonner, parce qu'il paraissait tout simplement banal. C'est cela ; il semblait à première vue anodin...
Au quotidien, si on pouvait lui reprocher d'être distant, Léto se révélait pourtant humble et calme, il avait d'ailleurs le sourire bienveillant. Dépourvu de haine ou d'agressivité ; c'était un homme sage doué d'une infinie patience à l'égard de ses congénères. Bien que lunatique, il était capable d'empathie (à géométrie variable) ou d'éprouver de l'attachement pour quelqu'un, et ne semblait guère rencontrer de problème pour se faire respecter. Par le dialogue, bien sûr ; Léto était un homme respectable. Il adorait la nature, la fluidité, les beaux arts, accessoirement les femmes et les belles formes, soit, c'était un être tout à fait charmant et fréquentable (du point de vue des bas-fonds).

La face cachée de cet individu ? ... Outre le fait qu'il s'agissait d'un professionnel froid et méthodique, qui avait si tôt fait de masquer son visage sous les traits de l'impassible ? ... Depuis l'apparition des fangeux et l'horreur qu'ils firent resurgir à ses yeux, ce jongleur de couteaux connu moult nuits de cauchemars, suite auxquelles il s'éveillait en nage, le souffle haletant comme s'il avait échappé à l'enfer. L'ombre de La Dame était omniprésente à ses songes. Sitry... A croire qu'il vivait en elle, ou qu'elle vivait en lui. Mais qu'on se rassure, tout cela se passait dans sa tête, heureusement était-il suffisamment lucide pour admettre que ses visions n'étaient que le fruit de son imagination. Après tout, lorsque tout revint à la normale, à la levée du jour Elle s'exprimait à lui sous la forme d'un chat. Et... jusqu'à preuve du contraire, les chats, ça ne parlaient pas. Pas vrai...?



Si cet animal de compagnie existait en chair et en os, et pouvait donc être perçu par tout observateur lucide, cependant le fait qu'il puisse s'exprimer ne l'était pas du tout. Logique. Seul Léto croyait qu'elle, car c'était une femelle, pouvait lui parler et ne semblait ainsi dégoiser que lorsqu'il avait les nerfs à fleur de peau. Ce chat de malheur le suivait partout, un vrai pot de colle, s'étant visiblement attaché à l'homme, surgissant soudain au coin d'une ruelle pour s'en aller lui entraver les pieds. Parfois il ne la percevait qu'au loin, perchée sur une corniche ou confortablement installée sur une marche d'escaliers, à le regarder bêtement déambuler. Elle était son Guide, au demeurant stoïque. Son imperturbable Conseil. Son esprit critique. Cette présence étrange qui toujours l'accompagnait de ses remarques pamphlétiques, de son humour cynique, narrant parfois les désastres pathétiques du loqueteux comme s'il en avait grand besoin. Alors certes, Léto était complètement à l'Ouest, l'adepte avait perdu l'esprit, mais celui-ci, au moins, était relativement sympa...

Histoire



I. Les amis de Sitry.

On n'imagine pas la patience, l'énergie et le réseau qu'il faut pour fabriquer ne serait-ce qu'un seul assassin viable et digne de ce nom. Le tout dans la discrétion la plus absolue, tout en garantissant une étiquette sans tâche, afin de s'attirer la confiance de ceux qui font usage de ces services. Haute bourgeoisie, riches marchands et aristocrates sont friands d'efficacité et d’excellence. Ils sont exigeants ; soucieux des domaines dans lesquels ils investissent leur fortune, et peu enclin à prendre le risque de ternir leur réputation dans une espèce de complot maladroit. Soyons donc honnête dès le départ : vous ne trouverez aucune joie en ces lignes, car cette histoire est cruelle.

Ce qui n'est guère étonnant, c'est qu'elle commence dans les bas fonds de Marbrume. Un endroit regorgeant de ces rebuts et parias prêt à tout contre une bourse pleine. C'est là qu'il est possible de recruter un homme de main, ou un mercenaire. Une sorte de coupe-jarret sans foi ni loi, qui aurait si tout fait de suivre votre ordonnance. La misère ambiante, la pauvreté omniprésente est une aubaine ; elle génère le désespoir, et avec elle ces désespérés qui sont prêt à tout pour ne jamais cogner le fond du gouffre. Il est si aisé d'en profiter ; de les tourner à son avantage. Par exemple, dans le cadre d'une révolte, ou d'une révolution ; prendre ces plus jeunes représentants, si impulsifs et prompts à l'embrigadement, peuvent servir à nombreux objectifs... Rarement les leurs, stupides comme ils sont, cependant, le travail désormais accompli et une fois lâchés dans la nature, ces hommes et ces femmes se montrent trop souvent incapables d'honorer leur parole. Celle de garder le silence. Qu'ils soient l'objet de menaces étrangères à l'équation de ceux qui les emploient, ou même salivant devant une somme plus importante si on la compare à d'éventuelles promesses de gains : c'est indubitable, certaines choses et d'autres finissent par se savoir. Et si une campagne de propagande, mêlée de condescendance, de diffamation d’où ne subsisterait que la vacuité ne suffit pas à blanchir le commanditaire au regard de l'opinion et des magistrats, alors...

CWOUIC !! Comme ces jours de guigne sur l’échafaud, à perdre la tête !

Pour éviter cela, revenons humblement à l'usage de professionnels. Plus aptes, plus sûrs. Plus chers... Pour la gente commune de la cité, c'est d'abord une rumeur avant d'être factuel de dire qu'une confrérie, ou fraternité d'assassins sévit derrière les remparts marbrumiens. Un mythe, dont il sera dans un premier temps plus aisé de parler de l'enseigne, ou de leur façade officielle ainsi nommée « Les amis de Sitry. » Un groupe de réflexion que l'on sait pacifique et sans danger, quoique obscène et luxurieux, jouissant de quelques ribaudes et eunuques lors de ses banquets, ses fêtes raffinées, ses bals masqués, ou parties de jeux houleux, donnant lieux à moult partages idéologiques, d'impressions et de critiques. Doué d'une qualité d'écoute toute particulière à l'égard de ses invités, le dit groupe n'est pas à confondre avec une guilde. Ce n'est pas une corporation marchande ou d'artisans, ni un groupuscule d'entre-aide, ou de vulgaires fumeurs d'opium. Du tout. Les amis de Sitry sont ce que l'on peut appeler une réunion récréative, où les gros poissons du duché peuvent s'échanger furtivement des services, des contacts, des tuyaux. Mais aussi, dans ses coulisses, et c'est là ce qui importe : de suggérer à ses organisateurs qu'un homme a besoin des faveurs de Sitry.
Dame Sitry entend alors un homme. Son souhait résonnant dans un lac obscur lui révélant une vérité ; celle d'être entouré de prédateurs, dissimulés dans cette nuée que forment les invités et leurs murmures discrets. Les petits friselis d'un homme fracassent sa surface dans un semblant de jaillissement, dont les échos parviennent aux oreilles des plus sombres d'entre eux. Ces derniers surnageant autour de lui tels des requins, lorsque leurs sinistres regards jugent et soupèsent son semblant d'être, avant qu'ils ne soient aspirés dans un grand bouillonnement. Parmi la foule, des turbulences sporadiques ponctuent leur descente vers les fonds, quand les dernières ondes de sa requête finissent par mourir contre les murs de la salle... Cette nuit, un homme devra se tenir prêt. Car un messager de Sitry se présentera à lui.

♣️ Qui est Dame Sitry ?
Seuls les théologiens et amateurs d'Histoire le savent. Il s'agit d'une représentation païenne de la mort, mais en aucun cas rivale du culte des Trois. Elle est dépeinte, pour qui veut se cultiver, tel un vestige du Royaume, un fossile antique à l'exact opposé de Serus. Là où ce dernier symbolise la fécondité et plus généralement la vie, Sitry quant à elle symbolisait les aléas du hasard et la mort. On lui attribuait la sécheresse et les incendies, les accidents malencontreux, ou encore la malchance aux jeux. C'était donc une idole par laquelle on pouvait maudire et cracher, jouant un rôle perturbateur. Sitry étant crainte, mais différemment si on la compare à la déesse Rikni ; la découverte de son effigie étant jadis jetée aux détritus. C'était un porte malheur. Par ailleurs, on la décrit comme une grande femme à la longue chevelure d'obsidienne, ses statues dévêtues, pourvue d'une paire de longues cornes ainsi que d'une fine queue partant de son coccyx et finissant en pointe de flèche. Elle tenait dans sa main droite un jeu de tarot ou un trident, et dans sa main gauche une chaine se terminant en de multiples carcans ; symbolisant la fatalité, ou l'entrave des mortels les liant à leur inexorable et funeste destin... Celui de s'éteindre.


II. Les jeux sont faits.

Une fenêtre entrouverte, le nylon des rideaux ondulant au gré du vent laissent entrer dans la pièce un rayon lunaire. Un homme n'est pas seul. Quelqu'un est entré ; son haleine soufflant soudainement dans son cou le confirme et lui glace le sang... Le messager de la Dame l'attend, et n'exige désormais plus qu'une chose ; qu'un homme lui formule un contrat oral, il veut connaître le nom de sa cible. Faut-il qu'elle souffre ? Doit-elle mourir discrètement ? Au contraire, faut-il que le meurtre soit spectaculaire ? Faut-il faire porter le chapeau à un tiers ? Oh, à moins qu'il ne soit petit joueur, qu'il ne s'agisse en définitive que de faire planer l'ombre d'une menace...? Le messager est toute ouïe, il l'écoute, humble et silencieux, avant que la conversation s'achève enfin sur une bourse de pistoles se posant doucement dans la paume qu'il lui tend... Déjà ?! Ah, le messager ne négociant pas avec les renards, on se plie aux règles ou on ne fait pas appel à Sitry. Les jeux sont faits !

Un homme
n'entendra plus parler de l'assassin, et si la chance lui sourit, alors il n'aura plus qu'à sucer le sang ferreux qui dégouline de ses mains sales.

III. Les cuisines de l'enfer.

Dans les souterrains de Marbrume, si on s'y enfonce profondément et si on est suffisamment poissard, on peut tomber nez à nez avec une porte dérobée. A ses côtés la statue d'une femme cornue, les avant bras ruisselant de chaines, un tarot en guise d’éventail. Une lourde et sombre stèle posée à ses pieds comprenait alors ses quelques antiques gravures colorées de pigments dorés, trois dents d'un trident incrustées en guise d'en-tête.



La terreur qu'inspirait l'aspect de cette bête géante, pouvait glacer jusqu'au fond des entrailles, si bien qu'ils perdaient l'espoir d'arriver jusqu'en haut. Et comme le joueur affligé, que transportait un jour la joyeuse espérance du gain, qui se plaint ensuite et se morfond si la chance a tourné, ainsi les fit devenir cette épouvantable bête qui, en leur âme, gagnait du terrain et, insensiblement, les refoulait vers l'ombre où le soleil se taisait.
Tandis qu'ils glissaient ainsi vers les abîmes, leurs pieds meurtris par les gravas, la bête s'avança devant leurs yeux comme surgissant d'un long silence. Au rebord des profondeurs, ils se mirent alors à crier :
- Ô toi, qui que tu sois, ombre ou vivante, prends pitié de notre peine !
- Je ne suis pas vivante, rugit-elle, mais je le fus. Sur une terre qui avait été Langres, moi-même, là où je régnais, tout comme vous je naquis et vivais à Morguestanc, au temps des Trois divins, hypocrites, mensongers et trompeurs.
- Ainsi donc, c'est bien toi, Dame Sitry, cette source qui répand des flots si vastes d'affliction ? Dirent-ils, en baissant respectueusement les yeux. Toi, qui fus l'incendie, le phare des sorcières, aide-nous, pour l'amour et pour la longue étude que nous avons mis à chercher et à lire ton œuvre. Car c'est toi, notre maîtresse et notre autorité ; c'est toi qui nous enseignes comment faire usage de ce style élevé dont nous tirons notre gloire, et qui par sa grandeur fais de toi celle qui renaquit !

Quelque chose ne tourne pas rond ? Peut-être est-ce le moment de filer, de se réfugier dans les jupes d'un prêtre qui reconduira si tôt fait ses ouailles sous la nageoire bienveillante d'Anür ?
Ils appellent cet endroit Les cuisines de Sitry. Là où on ne veut pas être. Encore que, ce n'est pas le pire qui peut arriver. Un adulte reste un adulte, il est théoriquement fort, n'est-ce pas ? Mais un triste jour sa vigilance s'émoussera, ses yeux inquisiteurs quittant sa progéniture qu'il sait pourtant en sécurité. Il le sait, comme il croit avec certitude toutes ces choses infiniment plus vastes et qui le dépassent tels qu'une terre plate sur un océan de feu ; du règne de la matière et rien d'autre que la matière ; que l'Homme est au centre du monde ; que rien n'est vrai, que tout est permis. Celui-là mérite qu'on lui scie la gorge à l'égoïne. Il pense qu'il sait et croit donc en certaines choses, et malgré cet état de fait, les bas quartiers sont un lieu où ses enfants et petits enfants lui échapperont un jour. Un homme peut donc savoir, mais il ne contrôle rien, il n'a aucune emprise sur ce qui l'entoure. La faute à pas de chance, comme pour le petit Léto alors âgé de six ans, ils seront enlevés et mis en cage. Certes déposés là, derrière cette porte dérobée. Mais chht, semble murmurer l’entrebâillement de celle-ci. C'est là où il ne faut pas regarder à travers les grilles des cellules...

Chht. Avancez, ne faites qu'avancez tout droit sans jamais dévier.
Vous les entendez cuire ?
Percevez-vous les cris et le tintement des chaines qui s'endiablent derrière ces murs ?
A travers les vapeurs de souffre et d'eau, ils pèlent, pleurent et fulminent... Chht. Ne regardez pas. Ne regardez pas, où votre esprit lui aussi se brisera. Car à l'intérieur, ils se salissent et s'entretuent parfois.


Qui peut raconter, même dans un discours sans l'entrave des vers, les plaies et les fléaux qui accablent cet endroit ? La langue la plus riche ne saurait y parvenir, car notre « intelligence » et nos expressions ne suffiront jamais pour traduire ces choses. Par phase, elles surviennent en tortures, viols et afflictions. D'un claquement de cuir résulte un râle cristallin. D'un coup de butoir donne un hurlement rageur. Mais ce ne sont pas des victimes que l'on veut, ce sont des assassins. Alors, on les soumet à des drogues, à la privation sensorielle, aux hallucinations. Ils sortent de leur gonds, se déboitent, titubent et perdent pieds. A présent, ils savent que deux et deux font cinq. Mais ça ne suffit pas, il faut leur briser les os ; ça les rend plus costauds. Vient l'instant où on leur procure un peu d'espoir, pour mieux les désespérer. On leur dit qu'il vont mourir, mais ne meurent jamais. A leur tourments, se mêle un verbiage subliminal aussi hypnotique qu'un air de psaltérion ; ils ne savent plus et déforment leur perception. On inverse tout, on chamboule tout. Leurs esprits s'usent, ils changent et lentement se transmutent pour laisser place à quelque chose d'autre. Le tourmenteur n'est pas qu'un bourreau, il est un homme mauvais à qui il faut obéir, c'est un père fouettard qu'il faut craindre et que l'on déçoit toujours. Sitry quant à elle devient une mère vers qui l'on peut se tourner. La déesse devient une clef, elle peut les aider à s'échapper. Ils l’appellent, ils la prient. Mais ils ne sont déjà plus humains ; certains grognent déjà comme des bêtes. C'est un cauchemar éveillé.
En ces lieux, pas besoin de ses yeux pour comprendre qu'il y fait noir, bien que le flambeau des souterrains peut encore flamber, révélant à peine l'aspect de leur visage maculé de larmes, ou leurs yeux vitreux dérobés de leur innocence à l'heure où fuit la mouche et paraît le moustique. La nuit... Cette nuit infernale et qui leur semble éternelle voit un nombre infini de vers luisants sur les parois des boyaux rocheux. Ainsi brillent fébrilement alcôves et galeries de flammèches sans nombre, de sorte que les yeux qui les suivent ne peuvent rien distinguer de plus que des barreaux et du feu. Chaque flamme révélant la prison d'un enfant. Chaque enfant révélant une bête. Chaque bête accouchant d'un rejeton de Sitry.

IV. Un homme meurt cette nuit.

Le conditionnement est parfait, seulement quand il fonctionne. Il s'étend sur des années, autant qu'il en faut pour en faire des esprits malléables et dépendants de Sitry. La plupart de ces enfants finissent par en mourir, certes, mais d'autres pas. C'est comme ça. Les années suivantes sont consacrées à l'entrainement aux arts de l'ombre, à l'étude des poisons ou à la vivisection des morts. C'est une période que l'on penserait plus sereine, cependant il n'en est rien. Les entrainement physiques sont intenses, les rites de passage plus difficiles encore, mais nous n'aborderons plus cette épreuve ; acta est fabula, le temps est venu de passer à autre chose. Comme ce jour où le novice est prêt à recevoir le nom de sa première cible. Un grand moment, dont Léto ne fut épargné, ayant quitté les cuisines à l'âge de dix ans, devenant initié à ses dix-huit printemps.
Observez... Observez les plus forts, cette bête qui gronde au fond des yeux. Elle se révèle doucement, surgissant de la marre, prédatrice lorsqu'elle part à la chasse. Chht, Observez sans bruit. Comme surgie de sa transe elle se déplie de tout son être, son corps humide, sa peau satinée s'apprêtant à quitter les eaux. Maintenant baptisée par le nom de son mentor, il fallait désormais atteler à la peine et quitter la confortable chaleur de dame nature. Car on ne parvient jamais à la gloire de Sitry en dormant mollement en ces thermes, et celle qui prétend vivre sans l'obtenir ne laissera d'elle sur terre que trace de cendres et des vagues dans l'eau. Lève-toi maintenant avant que ta cible ne succombe ; trop accablée par les coups de la vieillesse. Tu as gravi les plus longs escaliers, il te suffit à présent de semer ceux-ci. Ainsi elle se mit debout, cette bête et, voulant montrer à sa déesse plus de zèle encore, elle ouvre la bouche comme pour formuler ses tous premiers mots, déclarant alors, glaciale, qu'un homme meurt cette nuit.

Soi réel




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Dernière édition par Léto Feral le Ven 16 Déc 2016 - 2:02, édité 14 fois
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Zephyr d'AuvrayBanneretavatar


MessageSujet: Re: Léto Feral   Jeu 15 Déc 2016 - 6:51
Re-bienvenue sur le forum. Wink
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Léto FeralAssassin


MessageSujet: Re: Léto Feral   Jeu 15 Déc 2016 - 14:23
Merci Zeph !

Et voila, fiche terminée. Dites-moi ce qui cloche et j'éditerai.
(Pour le background j'ai amputé le chapitre cinq, avec pour objectif de l'aborder différemment en cours de jeu ; histoire d'avoir des choses à faire/à écrire. *stress* o_o).
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HermineSaltimbanqueavatar


MessageSujet: Re: Léto Feral   Jeu 15 Déc 2016 - 17:08
Hell Come et bon courage pour ta validation !
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ThalieNepenthesavatar


MessageSujet: Re: Léto Feral   Jeu 15 Déc 2016 - 19:54
Bonjour Léto !

Je n'ai rien à redire sur ton histoire, ton caractère ou ton physique ... *bave, l'air ailleurs après avoir jeté un coup d'oeil à l'ava*

En revanche, j'ai un petit soucis avec un partie de son équipement. Je trouve que les cordages et les grappins c'est un peu trop. D'autant plus qu'a l'époque les cordes étaient très lourdes donc pour un assassin qui doit être discret, léger et vif, se trimballer un poids ...
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Léto FeralAssassin


MessageSujet: Re: Léto Feral   Jeu 15 Déc 2016 - 21:03
Merci Hermine, merci Thalie,

Ah oui, je me suis mal exprimé. En parlant de cordages, etc. c'était plus ou moins ce dont il disposait dans ses réserves, mais il n'en était pas forcément équipé. Rapport aux objets usuels dans le règlement. Bref du coup j'ai supprimé de l'inventaire ce qui était superflu , et gardé les chausse-trappes tout comme dans la fiche de Mélusine. Est-ce que tout est en ordre ? Very Happy
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ThalieNepenthesavatar


MessageSujet: Re: Léto Feral   Ven 16 Déc 2016 - 11:20
Tout est en ordre, je te valide donc !

Aller file ! Et amuse toi bien
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MessageSujet: Re: Léto Feral   
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Léto Feral
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